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Lutter contre la cyberviolence envers les femmes par l’information et le respect

Une table ronde organisée fin mars par SI Luxembourg a permis de mieux comprendre la problématique de la cyberviolence envers les femmes et les filles. Dans son allocution de bienvenue, Marielle Bruck, présidente du SI Luxembourg a présenté un bref historique du mouvement Soroptimist. Elle a relevé que les Soroptimist s’engagent contre toutes formes de violence à l’égard des femmes et sont très préoccupées par le phénomène de la cyberviolence.

 

La portée croissante d’Internet, les technologies de communication mobile et l’utilisation généralisée des médias sociaux et de l’intelligence artificielle ont rendu les espaces en ligne non seulement indispensables, mais aussi parfois dangereux. Selon des enquêtes, une femme sur dix dans l’Union européenne a déjà subi une forme de violence sur Internet depuis ses 15 ans.

 

La table ronde à l’École nationale de la Santé a été organisée par Emine Gül, responsable Advocacy du SI Luxembourg, et animée par elle-même et Christine Hansen. Devant une cinquantaine d’auditeurs, des experts issus de la politique, de la justice, d’organisations d’aide et de lobbying ont discuté des défis et des solutions possibles. En plus de Laura Kaun, représentante du ‘European Women’s Lobby’, qui s’est connectée en ligne depuis Bruxelles, ont participé à la table ronde Jeff Kaufmann, expert de BEE SECURE, Ralph Kass, conseiller auprès du Ministère de l’Égalité des genres et de la Diversité, Laurent Seck, Substitut Principal au Parquet de Luxembourg, ainsi qu’Emilie Viard, juriste et spécialiste de l’IA chez Cyber Women Force.

 

Laura Kaun a évoqué l’accord tant attendu sur la directive européenne relative à la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, la première loi européenne qui garantit aux victimes de violence à l’égard des femmes et de violence domestique une protection, un soutien, un accès à la justice et une réparation adéquats, quel que soit leur lieu de résidence dans l’UE. « La cyberviolence à l’égard des femmes et des filles est aujourd’hui une dure réalité en Europe. Pour la première fois, l’UE reconnaît les effets dévastateurs de la cyberviolence sur la vie des femmes et érige en infraction pénale cinq actes de cyberviolence : la diffusion non consensuelle de contenus intimes et manipulés, le cyberharcèlement, le cyberbrimage, le cyberflashing et l’incitation à la haine ou à la violence sur Internet », explique Mme Kaun.

 

Une évolution inquiétante

 

L’évolution de la société inquiète tous les participants à la discussion. Les discours haineux contre les femmes et les groupes marginalisés sont en augmentation. Il est difficile actuellement de trouver des majorités politiques en faveur des droits des femmes au niveau international. Au niveau national, la justice dispose des moyens légaux pour lutter contre la cyberviolence. Selon Laurent Seck, le manque de personnel, les enquêtes laborieuses et les nouvelles plateformes numériques qui apparaissent sans cesse posent problème. De plus, la majorité des victimes ne portent pas plainte par honte. Les solutions pragmatiques de la police sont positives, par exemple la confiscation des téléphones portables de classes entières. Chaque élève doit alors effacer les images compromettantes de son GSM pour le récupérer.

 

De nombreux utilisateurs ne se rendent pas compte que les messages et les photos personnels circulent à travers le monde via des serveurs et des routeurs avant d’arriver chez leur ami ou leur amie, a expliqué Jeff Kauffmann, qui a appelé les victimes de violence à ne pas se replier sur elles-mêmes, mais à accepter l’aide qui leur est proposée.

 

Un plan d’action national 

 

Selon les participants à la table ronde, des données et des explications claires, un travail de lobbying politique, l’engagement et la vigilance de la société civile, la coopération entre la justice, la police, les écoles et les associations de victimes ainsi que davantage de personnel pour les poursuites pénales sont des stratégies importantes contre la cyberviolence. Jutta Gablitzka, représentante du SIE auprès du Conseil de l’Europe, a appelé à éduquer les enfants dès leur plus jeune âge au respect de tous les êtres humains, en accordant une attention particulière aux garçons. Emilie Viard a montré comment les algorithmes déforment les informations au détriment des femmes et a appelé à une plus grande présence des femmes dans le secteur des TIC. Le ministère de l’Égalité des genres et de la Diversité prévoit également de présenter prochainement un plan d’action national, de mettre en place un point de contact central pour les victimes de violence, y compris de cyberviolence, et de lancer un projet visant à promouvoir le courage civique sur Internet.

 

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